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Depuis octobre 2013, la ville de Milan est devenue un point de transit important pour ceux qui fuient la guerre en Syrie. Nos correspondantes en Italie, Seema Gupta et Natalia Mendoza, sont allées à la rencontre de ces migrants qui rêvent d'une vie nouvelle.
Quelque 16 000 réfugiés syriens, dont plus d'un tiers sont des enfants, sont arrivés à Milan depuis octobre 2013. Le centre financier de l'Italie est devenu un point de transit important pour ceux qui fuient les affres de la guerre.
La gare centrale de Milan, un bâtiment historique des années 1930, a notamment été transformée en centre de transit. Parmi ces réfugiés, Badraddine Alkrayem avec sa femme et ses trois enfants. "Notre voyage commence ici, à Milan. On part d'ici pour atteindre notre destination finale, si Dieu le veut bien", explique ce chirurgien orthopédiste, originaire de Raqqa, dans le nord de la Syrie, désormais fief des jihadistes de l’organisation de l’État islamique.
 
"J'avais peur des bombardements, mes enfants pouvaient mourir à n'importe quel instant, confie-t-il. C'est pour eux que je fais ça : je veux qu'ils aient une vie meilleure, un futur meilleur". Cette famille syrienne a payé les passeurs près de 15 000 dollars (moins de 12 000 euros) pour traverser la Méditerranée, en risquant leurs vies pour atteindre l'Europe.
 
Pour aider ces réfugiés, la ville de Milan a lancé un projet d'aide spécifique mis en place par différentes ONG et associations caritatives. Elles enregistrent les nouveaux arrivants, fournissent les biens de première nécessité, de l'aide médicale et un logement temporaire.
 
"Nous pourrions les ignorer. Les laisser vagabonder dans cette gare ou ailleurs, devenir les proies de la criminalité organisée, précise Pierfrancesco Majorino, conseiller d'action sociale auprès du Conseil de la ville de Milan. Mais nous avons voulu regarder les choses en face et nous avons décidé qu'on ne laisserait pas un enfant dormir sur le sol de marbre de cette gare".
 
Des migrants de passage à Milan
 
Un centre d'accueil dédié exclusivement aux migrants syriens, qui comptent 400 lits, a été créé dans une ancienne école de la cité lombarde. Il s’agit de l'une des deux structures gérées par l'OGN Arca. Sur place, les familles peuvent utiliser la douche, se changer et décompresser.
 
"Je dors ici dans une chambre avec mes 4 enfants, témoigne Nadia Khamis, une réfugiée syrienne. C'est confortable, et en ce moment il ne fait pas froid, et surtout on est en sécurité, ça me tranquillise".
 
Ces migrants de passage à Milan sont reconnaissants de ces aides et les bonnes nouvelles voyagent vite. "Nous sommes venus à Milan car des amis nous ont parlé de l'accueil, des distributions gratuites de nourriture, et qu'on pourrait trouver des passeurs de migrants qui peuvent nous aider à aller en Suède, en Allemagne ou dans d’autres pays", confie Sami Tabbakh, un réfugié syrien
 
En moyenne, les migrants syriens restent en ville seulement 5 jours, avant de poursuivre leur parcours, car ils ne veulent pas rester en Italie. Ainsi, Badraddine et sa famille comptent poursuivre leur route vers le nord de l’Europe.
 
"Ils savent que l'Italie est un pays qui traverse une situation économique compliquée et qui ne peut pas leur fournir quoi que ce soit pour reconstruire leur projet de vie", souligne Tamara Pacchiarini, qui travaille au sein de la Coopérative sociale Arca.

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